Visele nu dorm niciodată

Les rêves ne dorment jamais (Visele nu dorm niciodată, traducere în lb. franceză)


Le début du roman <<Les rêves ne dorment jamais>>

Chapitre 1

LES VŒUX DES COQUELICOTS

    La Rue de Rivoli commence à se calmer. Le même silence s’installe chaque jour après huit-neuf heures le soir, aussitôt que la fourmilière parisienne s’apaise. La nuit met le manteau des ténèbres sur lequel les étoiles brillent comme les gouttes de rosée sur les toiles d’araignée d’un jardin enchanté. Les magasins, avec leurs paupières endormies, ont les volets tirés et les portes fermées. Les petites lumières des décorations allumées avant le Noel jaillissent encore, bien qu’on soit déjà au début du Février. Il neige avec des grands flocons qui ne semblent pas pressés à arriver quelque part et qui revêtent d’une manière innocente, sans préférence, les toits d’ardoise, les trottoirs vides, les voitures garées décemment, les gens en hâte chez quelqu’un en particulier ou à un dîner fumant, les arbres dépouillés de leurs couronnes et … les rêves des gens.

Les gens aussi que leurs espérances seront sous peu endormis. Demain arrivera de nouveau pour leurs petits drames et pour les joies reçues tout le temps aves une tristesse que personne n’arrive pas à expliquer. Mais il est encore aujourd’hui et une voiture passe de temps en temps par devant les maisons avec des fenêtres éclairées interrompant le silence de la rue enneigée et brillant dans la lumière de la lune.

Thiery coupe avec attention des tranches de fromage comme s’il coupait des tranches de la lune qui s’entrevoit à la fenêtre. Il les met dans un certain ordre et recouvre chacun d’un olive rembourré du mascarpone. Les olives sans bourrage sont mis à côté. Je regarde tous ses mouvements, essayant de comprendre comment un plaisir de dix minutes peut nécessiter des préparations de demi-heure jusqu’à des heures. Si je compte toutes les préparations de la vie, je constate que, dans la plupart du temps, simplement nous nous préparons pour les plaisirs courtes, éphémères de la chair; il y a trop peu d’entre nous qui s’en soucient de besoins de l’esprit, qui est, peut-être, plus affamé, plus assoiffé, plus dénué de notre attention. Thiery prolonge tout ce processus pour éviter de me parler. Il ne s’échappe nécessairement à la communication, mail il préfère les discussions pendant lesquelles on dit rien d’important.  

            Mark et Thiery. Deux hommes qui ont ma personne en commun: ils m’aiment comment il le savent, et moi, à mon tour, je les aime comme je suis capable. Je sais ce que mon épouse me répondrait si je lui parlais de l’inutilité de ces gestes:

— Alors, pourquoi dormir si on se réveille quand même, pourquoi vivre si on meurt quand même?  Toutes les petites choses sont importantes.

Mulțumiri traducătoarei: Anca!

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